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Peter Moore annonce que Electronic Arts a changé depuis les Golden Poo.

by on 02/09/2016
 

Electronic Arts avait été accusée d’être la pire entreprise Américaine lors d’un sondage annuel organisé par le site The Consumerist en 2012 et 2013. Peter Moore est revenu sur ce trophée dans un communiqué. Electronic Arts

EA est une entreprise habituée des mauvais classements depuis plusieurs années. Elle avait obtenu la palme de la pire entreprise Américaine en 2012 et 2013 devant BP et Bank of America. Lorsque l’on connaît la réputation plus que pourrie de ces deux entreprises aux États-Unis, c’est un exploit. Elle faisait également partie du classement en 2014. Ces performances ont d’ailleurs valu à l’entreprise le trophée du « Golden Poo » (Merde dorée).

Les fans reprochaient notamment à la compagnie de manquer d’innovation dans ses nouveaux jeux et d’être davantage devenue une machine à fric qu’un éditeur de jeux vidéo. Et à raison, car l’entreprise avait en effet tendance à traiter les joueurs comme des porcs qu’on nourrit avec des tombereaux de merde. Electronic Arts est la seule entreprise du domaine vidéo-ludique qui ait fait partie de ce classement avec Microsoft. Ce sondage n’a plus était organisé à partir de 2014.

Le plaidoyer de Electronic Arts par la voix de Peter Moore, Directeur des Opérations.

Peter Moore est intervenu il y a peu à propos de ce sondage via un communiqué dans lequel il décrit la position de l’entreprise sur le sujet aujourd’hui et le sentiment de celle-ci face aux avis généraux des utilisateurs. Ce fiasco a semble-il influencé certains choix de la firme lors des dernières années.

“Yes, [being named Worst Company in America] was ridiculous.  And this was also the time of sub-prime mortgage crisis; banks are dumping hundreds of thousands of people out onto the street. You try and be defensive and say this is stupid, this is ridiculous; and then you go, ‘Maybe there’s a kernel of truth here.’ Maybe this is a moment we can step back, look in the mirror, look at who we are, look at how we’re perceived, and figure out what we need to do to do something about it. Perception is reality so if their perception is that we’re not a company that puts players first, then how do we change that?”

« Oui, [être désigné Pire Entreprise d’Amérique] était ridicule. Et c’était également au cours de la crise des prêts hypothécaires; les banques balançaient des centaines de milliers de gens à la rue. Vous êtes sur la défensive et dites que c’est stupide, que c’est ridicule; puis vous vous dite, « Il y a peut-être un fond de vérité là-dedans. » C’est peut-être le moment de prendre du recul, se regarder dans le miroir, regarder qui on est, regarder comment on est perçu, et trouver ce qu’on a besoin de faire pour que ça change. La perception est une réalité donc si ils nous perçoivent comme une compagnie qui ne priorise pas ses joueurs, alors que faire pour que ça change?

Il a raison sur ce point: élire EA comme la pire des entreprises d’Amérique dans une période où les banques n’hésitaient pas à mettre des centaines de milliers de gens à la rue à cause de la crise des prêts hypothécaires était absolument ridicule et en soit irresponsable. Mais ça a permis à la firme de ce rendre compte que les joueurs avaient leur mot à dire.

Il fait certes preuve de lucidité sur ce point et, contrairement à ses prédécesseurs, semble prêt à écouter les joueurs. EA a en effet lancé une campagne via les réseaux sociaux afin de vérifier et évaluer si oui ou non les joueurs détestaient réellement la compagnie. Si on se base sur les dernières moutures de ses jeux phares on peut considérer que la firme écoute ses communautés, surtout du côté d’EA Sports.

Action/Réaction, un problème, une solution. Ou pas.

Moore ajoute notamment « We were guilty of some stuff, » (« Nous étions coupables de certaines choses, ») sans préciser quoi exactement.

Je vous propose de le faire à sa place: l’en-tubage via les éditions collectors (ça, ça n’a pas vraiment changé, oui Dragon Age et Battlefield 1 c’est de vous qu’on parle); le rachat de petits studios indépendants afin de limiter la concurrence; la vente de jeux en kit (qui s’est hélas démocratisé depuis 2012) afin de vous vendre la fin du jeu à une date ultérieure; les controverses qui entourent les sorties des jeux, notamment autour des serveurs. Bref il a bien fait de ne pas nous dire de quoi EA était coupable exactement.

Then we made a deliberate attempt to say, ‘Fine, how do we go forward here?’ And the mantra that we came up with was this concept of player-first.  To this day, in fact this morning, in meetings, questions are always asked–what do we need to do here? When do we ship that? What type of experience does this need to be?–somebody will say, but is that player-first?”

« Alors nous avons fait une tentative de débat en disant, « Bien, à partir de là, comment progresser? » Et le maître mot qui en est ressorti c’est le concept de player-first (ndlr: comprenez « priorité au joueur »). À partir de ce jour, en fait de cette matinée, lors des réunions, les mêmes questions reviennent: Que devons-nous faire? Quand expédions-nous ça? Quel type d’expérience faut-il pour ceci? Et à chaque décision nous nous disons, mais est-ce « player-first » ? »

On peut dire que le fiasco que représente le Electronic Arts Golden Poo a été un réel traumatisme pour la firme mais il faudra probablement encore attendre très longtemps avant que des changements majeurs soient apportés aux manières de faire de ces éditeurs géants. C’est toute la philosophie mercantile autour du jeu vidéo qui devra en effet être métamorphosée.

Je n’ai qu’une chose à dire: Chris Crawford est un prophète.

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  • 02/09/2016 at 15:54

    Une très bonne chose que les Golden Poo si cela aide certaines entreprises à se remettre en question, en fonction du ressenti de leurs clients!

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